Embrun Man 2004

Natation 3,8 Km / Vélo 188 Km / Course à Pied
42,195Km
Dernières mises à jour
effectuées mercredi8 septembre 2004 (pour le reportage) et jeudi 3 novembre 2005 (pour les liens)
Quelques photos et commentaires…
Cette présentation « vue
de l’intérieur » est destinée prioritairement aux amis
et à la famille.
Elle a pour but de leur rendre compte de cette journée
particulière, le 15 Août 2004.
Cependant, si elle apporte une petite contribution à une
meilleure connaissance des caractéristiques de cet Ironman des sommets hauts-alpins, et si, mieux, elle vous donne envie de
franchir le cap… j’en serai heureux !
l’Embrun Man, c’est d’abord des émotions…
Bon, on commence la présentation !

Jeudi 12 Août 2004. C’est un grand jour !
Fin de l’entraînement, après une dernière séance de natation dans ce plan d’eau
décidément très agréable. Place à la récupération… et à la course !

Vendredi 13 Août 2004. Voilà, ça y est, l’administratif
est terminé… J'ai retiré mon dossard et le laissez-passer pour le parc à vélo.
17 ans après avoir vu les frères Cordier faire leur numéro sur cette épreuve,
je suis ENFIN là ! [NDLR : faîtes attention à ce que vous montrez à vos
enfants… ça a son importance !]

Samedi 14 Août 2004. Vers 16h30.
Un pas de plus, le vélo est paré (en cas de pluie) pour passer la nuit
dans le parc. Je le retrouverai dans moins de 13h…
Briefing d'avant-course vers 17h20.
Dimanche 15 Août 2004.
3h30. Très petite nuit (autour de 3h de sommeil)
agrémentée de "pauses repas" dès que j'ouvre l'œil. Le réveil a sonné
à 3h15… Il faut se lever.
Dès le lever, je suis presque dans la course, la journée est partie!
Entrée dans le parc vers 5h15. C'est peut-être le moment
le plus poignant ; il fait nuit, seul le parc est éclairé et les vélos brillent
sous le feu des projecteurs ; un peu de musique relaxante, c'est magique. On
aperçoit difficilement les spectateurs derrière les grilles, mais on sait
qu'ils sont là, on le sent. Rapides échanges avec Régis du LCT qui est un peu
plus loin dans le parc ; on est content de se voir, mais déjà ailleurs, on se
reverra à la fin. On enfile les combis. Un peu plus tard, on prendra le départ
de la natation, dans le noir. Je suis vraiment content d'être là, au départ,
alors qu'en mai je ne pouvais pas courir plus de 6' à cause d'un genou
douloureux [NDLR : aucun problème avec ce genou en cap pendant la course]. Les
femmes et les handisports partent à 5h55, on est alors libéré de
la première zone d'attente et on peut s'avancer derrière la ligne de départ
située à une dizaine de mètres de l'eau. J'arrive à me placer au deuxième ou
troisième rang, je laisse les meilleurs nageurs devant. 6h03. Malgré un départ assez
rapide, ça frotte vraiment beaucoup avant de passer la première bouée !! Et le
fait de ne rien voir rajoute un peu de stress (j'apprendrai plus tard qu'un
triathlète en fin de peloton a été évacué…) [NDLR : personne n'a eu de trop
gros problèmes, c'est juste « un peu » désagréable]. À 250-300m, il y a déjà un resserrement car
on nage entre la digue et la bouée et les trajectoires se rejoignent. Après le
passage de la première bouée, je ne serai plus embêté, mais je nagerai tout
seul, toujours à gauche des autres. Je navigue assez mal car à l'écart et
vaguement guidé par les lumières des bouées au loin. J'ai quand même des
sensations correctes, mais dans le deuxième tour je me rends compte que je
navigue toujours mal, à chaque passage de bouée, je me retrouve avec des mecs
qui nagent moins vite, je dois faire plus de distance, mais bon, je nage à mon
aise. Je reprends des places entre le 3e Km et la sortie de l'eau.
Malgré des sensations correctes, je sors de l'eau en 1h02'07" (98e).
Je fais tout de même une transition rapide… et 2'48" plus tard je suis
parti à vélo [message personnel : qui a dit que j’étais lent à me changer à la
piscine ? Eh, Gallinette, 25e temps de transition Nat-Vélo… ;->].
Après l'apéritif, c'est parti pour le plat de résistance (qui n'a de
plat que le nom…).

VÉLO Km 0,8. Restent
plus que 188 bornes et un marathon… On entre directement dans le bain avec la
montée sur les Puys. Heureusement, beaucoup de monde au départ pour encourager
des bonshommes qui partent pour un long voyage… À ce moment, on est content
d’avoir terminé une épreuve mais conscient que la journée n’en est qu’à ses
balbutiements. Je prends un départ vélo prudent… jusqu’aux pieds de l’Izoard
(Km 73).

VÉLO Km 87. Le col de l’Izoard,
quelques hectomètres avant Arvieux. Un temps fort de la journée. Je
suis bien et les sensations s’améliorent au fil de l’ascension. Je reprends des
places. Ma sœur, Cyrille, Robin, Cyrielle sont au bord
de la route, c’est bon de les voir ici. Mentalement, un des meilleurs moments.

VÉLO Km 87,3. Salut les
amis! Je pars en direction d’Arvieux et du hameau de Brunissard,
là où la pente s’élève de façon vertigineuse. Les sensations sont toujours
meilleures. Dans les Km qui suivent j’en ai des frissons, c’est pas possible,
je suis dans l’Embrun Man, dans l’Izoard, et j’ai l’impression de voler !
Je contrôle de moins en moins, et je me fais plaisir, je m’abandonne à la
puissance de l’événement ; mais sans me mettre dans le rouge. Jusqu’au
sommet, je vois mon classement s’améliorer. Ravitaillement à 2361m (Km 99),
puis descente vers Briançon sur une vingtaine de Km. Quelques centaines de
mètres avant l’entrée dans Briançon je reviens sur des motards qui restent
devant moi et manquent de louper un virage… Ouf, ils se rétablissent, et je
passe. Traversée de Briançon et amorce du retour sur Embrun, on commence à
avoir le vent de face. Et là, déjà, je ne vole plus… j’essaie tout de même de
rester bien en ligne.

VÉLO Km 126 à 142. Entre Prelles et Pallon. Je ne vole plus du tout !
C’est l’enfer. Je n’arrive maintenant plus à me détacher de ces routes qui se
succèdent, et qui continuent à grimper vraiment fort (15% dans Pallon). C’était
pourtant bien passé en début de semaine à l’entraînement… certes pas après de
tels efforts. Mais ce qui est très inquiétant c’est que j’ai terriblement mal à
mon genou droit (tendon rotulien), je ne peux pas faire pivoter suffisamment
mon talon vers l’extérieur. (Et oui, « malgré moi », j’ai dû
remplacer mes pédales cassées il y a quinze jours et j’en ai remis une paire
plus ancienne). Le moral est proche de son niveau le plus bas !

VÉLO Km 126 à 142. Entre Prelles et Pallon. Sal temps et moral en chute
libre ! Le retour vélo sur Embrun, dans ces conditions, va être terrible.
Je n’ose pas penser au marathon à ce moment. Je commence à me faire doubler. Je
limite la casse comme je peux, c’est-à-dire en reprenant un peu de temps dans
les portions de descente assez techniques sur ces petites routes avec des
virages en épingles… mais bien entendu, c’est loin de suffire !

VÉLO Km 188. Je suis
passé par tous les états : euphorie dans l’Izoard où je gagne une vingtaine de places dans
l’ascension (au point d’imaginer remonter dans les 20 ou
mieux !!!! ;->>>>>>), assez bonne descente avec une
dizaine de places gagnées dans la première partie en lacets ;-> … puis
galère au Km 140 avec un genou droit douloureux, et l’enfer dans la côte de
Pallon et la rentrée sur Embrun avec un vent de face qui me cloue sur
place :-<<<<<<<<<<… une montée de Chalvet au
Km 175 le pied en dehors de la chaussure car le genou ne supporte plus de
pédaler dans l’axe déterminé par le couple pédale-chaussure…
À ce moment c’est terrible et très très difficile
d’envisager un marathon vu les conditions… mais tant pis, je partirai à pied
quoi qu’il arrive [NDLR : après un court massage au niveau du genou en
fait] et on verra…

MARATHON Km 15 à l’entrée de Baratier. Premier
tour, le plus dur. Pour moi, il est obligatoire de m’arrêter à tous les
ravitaillements, je carbure au coca, à l’eau, aux fruits, et au Km 11 je mange
un gâteau de riz (avec cuillère…) tout en marchant pendant 200m. L’alternance course-marche est de mise dès que ça monte. Je m’asperge
abondamment. Bref, toute mon attention est concentrée sur la refonte des
ressources énergétiques et hydriques ainsi que sur le contrôle de ma
température corporelle. Vers le Km 13, je me fais déposer par un premier
triathlète volant identifié (TVI), c’est Hervé (Schreck, Gréoux)
qui est dans son second tour et qui va chercher une superbe 16e place.
Vers le Km 13,5 je rencontre M. Fambonne, papa d’Alex du LCT qui roule à VTT et
qui m’encouragera désormais sur la fin de ce premier tour ainsi que sur une
bonne partie du deuxième. Au Km 15 c’est maintenant Arnaud (Sarzacq, LCT) qui
lui aussi va boucler son dernier tour et qui passe encore plus vite. Un peu
plus tard, encore un encouragement qui vient de l’arrière, c’est Thierry
(Chatron, Gréoux) qui entre dans ses 5 dernières
bornes. Bref, tous les trois rentreront dans les vingt ! Et en fait,
malgré l’écart de temps, ça me fait plutôt plaisir de les voir réussir à ce
niveau, Ironmen expérimentés qu’ils sont, ça donne
déjà envie de poursuivre l’aventure de la préparation dans les années à venir…
Enfin, pour l’instant, il me reste encore 24 bornes à effectuer.
Progressivement, ça va mieux. Je pense que mes efforts accrus en matière
d’alimentation commencent à payer.

MARATHON Km 18. Premier
passage à proximité de mon fan-club hollandais, devant notre camping. Associés
à l’amélioration de mon état physiologique, leurs encouragements spontanés et
sincères me portent.

MARATHON Km 18.

MARATHON Km 39,5. Après un
premier semi de galère mais sans vraiment souffrir du genou (ça a du bon
l’alternance des activités…), des ravitaillements complets, c’est donc
« reparti » dans le deuxième tour que je réalise plus rapidement.
Reste plus qu’un petit tour de plan d’eau. Le premier est arrivé depuis un bon
moment, mais pas mal de gars sont dans leur premier tour ou bien partent pour
leur deuxième semi, j’essaie de les encourager… enfin comme je peux et pas trop
fort ! Je suis concentré sur ma propre course pour ne pas en donner trop,
je sais que la catastrophe peut toujours arriver… même à quelques hectomètres
de l’arrivée…

MARATHON Km 39,5. Oui,
« ça devient bon » comme on me le dit depuis quelques Kms au bord de
la route…

MARATHON Km 39,5.

MARATHON Km 41,9. Le
virage, et 195 MÈTRES, c’est la première fois que je réfléchis en
mètres !!! Enfin, pas pour longtemps, car je profite surtout de cette
ligne droite pour réaliser que ça se termine.

MARATHON. À moins d’une minute de la délivrance !!! Retour sur moi-même :
que suis-je en train de réaliser ? C’est difficile d’en prendre conscience
de façon nette. Je sais néanmoins que c’est quelque chose de grand pour moi,
après une lutte si longue. Je sais aussi que dans quelques instants j’en aurai
terminé!
ARRIVÉE 149e / 584 inscrits /
442 arrivants, 13h32'42", mais depuis le Km 140 du vélo
peu importait, je savais que je n’allais plus jouer la place, que l’important
était ailleurs, terminer… 14e équipe / 45 classées (NDLR : équipe classée si 3 triathlètes
arrivants) avec La Ciotat Triathlon (SARZACQ, 17e en 11h11’35’’–
LAURENT - d'OFFAY, 196e, en 13h58’25’’).
S’en suivront une période salvatrice de massage et de
blague avec une étudiante en 3e année de kiné, puis de brefs
échanges d’impressions avec Régis (mais peu de discussions entre coureurs
finalement, comme si l'on savait ce que chacun avait vu et fait, d'où il
revenait, et qu'il était inutile de dépenser encore de l'énergie pour se
raconter entre nous) et avec un podologue intéressé par mes semelles (elles
aussi salvatrices !!), une sieste, un repas, une douche, et une nuit… Pas de
perfusion!
Allez, j'arrête là, je vais vraiment verser dans le
récit de vie…
---- Merci à ma
sœur, Cyrille, Robin, Cyrielle (allant tous à ma rencontre sur le parcours
vélo), mes parents, M. Fambonne (papa d’Alex du LCT) pour son superbe soutien
sur la cap et ses prouesses de caméraman ambulant, mon fan-club Hollandais du
camping où on a résidé pendant une semaine (qui m’a ovationné dans le 2e
tour comme si j’allais gagner! Qu'est-ce que ça fait du bien…), aux collègues
du LCT, Régis (participant), Fredy, Maurice, Yannick, Arnaud (participant),
François (participant), Jean-Claude T (participant). Et bien sûr à tous les
autres, qui n’ont pas été présents le jour J mais qui m’ont encouragé.
La récupération a été étonnante,
48h après j’ai repris tranquillement l’entraînement. Ça a été le cas de la
plupart des personnes que j’ai revues dans les jours qui ont suivi. APPAREMMENT
peu de dommages vraiment limitants… Le plus dur, c’est l’entraînement… ALORS…

OSEZ L’EMBRUN MAN !

« C’est par là, suivez la flèche ; mes amis ! »-
ERIC
LIENS
Mon
« rapport » sur l’Embrun Man 2005 : le deuxième pour moi…
Site officiel de l’organisation de l’Embrun Man : vous voulez vous inscrire, alors ne perdez plus de temps et téléchargez le
bulletin d’inscription pour la prochaine édition !
Site de Jean-Bernard OURY et de la RAM (Radio Alpine Meilleure) :
à ce jour, de loin le site le
plus complet avec des interviews, tous les résultats des éditions récentes et
l’historique de l’épreuve.
Site de La Ciotat Triathlon : mon club de 2003 à 2005, organisateur d’un beau
triathlon.
©Eric
LAURENT septembre 2004 - novembre 2005 - …
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